Pour souder l’inox, le TIG sous argon pur donne les plus beaux cordons ; le MIG avec un mélange argon et 2 % de CO₂ va plus vite ; l’électrode inox 308L ou 316L dépanne partout, même dehors. Dans les trois cas, l’inox demande moins de chaleur que l’acier (10 à 20 % d’intensité en moins), des outils qui n’ont jamais touché l’acier, et un décapage du cordon à la fin pour qu’il ne rouille pas.
Ce qui change avec l’inox
- Il garde la chaleur : l’inox conduit la chaleur environ trois fois moins bien que l’acier. Elle reste concentrée sous l’arc, le bain grossit vite et la tôle fine perce si tu t’attardes.
- Il se déforme davantage : il se dilate environ moitié plus que l’acier. Une tôle inox soudée d’un seul côté tire et se voile.
- Il ne rouille pas grâce à son chrome, qui forme une fine couche protectrice à la surface. La chaleur de la soudure et les particules d’acier abîment cette couche : c’est pour ça qu’une soudure inox mal faite rouille.
- Il change de couleur en chauffant : paille, puis bleu, puis gris. Ces teintes sont une oxydation, à retirer sur les pièces exposées à l’humidité.
Quel procédé pour souder l’inox ?
| Procédé | Gaz ou protection | Métal d’apport | Pour quoi |
|---|---|---|---|
| TIG (courant continu) | Argon pur | Baguettes 308L ou 316L | Tôle fine, tubes, garde-corps, soudures visibles : le plus propre |
| MIG | Argon + 2 % de CO₂ ou d’oxygène | Fil 308LSi ou 316LSi | Épaisseurs de 2 mm et plus, longs cordons, productivité |
| Arc (MMA) | Enrobage de l’électrode | Électrodes 308L, 316L, 309L | Réparations, dehors, pas de bouteille |
Le choix de la nuance est simple : 308L pour l’inox 304, le plus courant, 316L pour l’inox 316 (marin, alimentaire, chimique) et 309L pour souder de l’inox sur de l’acier. Le « L » signifie bas carbone : c’est ce qui garde la résistance à la corrosion après soudage.
Réglages TIG inox
| Épaisseur | Intensité (DC, torche au moins) | Tungstène | Baguette | Argon |
|---|---|---|---|---|
| 1 mm | 30–45 A | 1,6 mm | 1,0–1,6 mm | 6–8 L/min |
| 1,5 mm | 45–65 A | 1,6 mm | 1,6 mm | 7–9 L/min |
| 2 mm | 60–90 A | 1,6 mm | 1,6–2,0 mm | 8–10 L/min |
| 3 mm | 80–120 A | 2,4 mm | 2,4 mm | 9–11 L/min |
| 5 mm (chanfreiné) | 110–150 A | 2,4 mm | 2,4 mm | 10–12 L/min |
Prends un tungstène cérié (gris) ou lanthané (or), affûté en pointe. Évite le thorié (rouge) : il est légèrement radioactif et ses poussières d’affûtage sont à proscrire. Garde un arc court, de 1 à 2 mm, la torche inclinée de 10 à 20° vers l’arrière, et avance franchement : sur l’inox, c’est la vitesse qui évite les colorations. Les débits et le post-gaz sont détaillés dans notre page sur l’argon en soudure TIG.
Souder l’inox au MIG
Le MIG inox demande trois changements par rapport à l’acier : un fil inox (308LSi ou 316LSi, le « Si » rend le bain plus fluide), un gaz adapté, argon avec 2 à 3 % de CO₂ ou d’oxygène, et une torche poussée. Le mélange argon-CO₂ de l’acier (18 à 20 % de CO₂) ou le CO₂ pur apportent trop de carbone et d’oxydation : le cordon se tient, mais il perd sa résistance à la corrosion. Les tensions et vitesses de fil restent proches de celles de l’acier, avec un peu moins d’énergie : pars des valeurs de notre tableau de réglage MIG et baisse légèrement.
Souder l’inox à l’arc (électrode enrobée)
C’est la solution sans bouteille. Électrode inox au diamètre de l’épaisseur, en courant continu électrode au plus, avec 10 à 20 % d’intensité en moins qu’en acier : une électrode de 2,5 mm se règle vers 55 à 80 A, une 3,2 mm vers 75 à 110 A. Arc court, cordons pas trop longs pour limiter la chauffe, et piquage soigneux du laitier. Le choix des électrodes est détaillé dans notre page électrodes de soudure, et les réglages dans le tableau d’intensité soudure à l’arc.

Électrodes inox 316L GYS Ø 2,5 mm (étui de 30)
Électrodes 316L, aussi valables sur l’inox 304 courant

Brosses métalliques inox (lot de 6)
Brosses inox à réserver à l’inox, jamais à l’acier
Préparer l’inox : la règle des outils dédiés
Une brosse ou un disque qui a servi sur de l’acier dépose des particules de fer sur l’inox. Elles rouillent au premier coup d’humidité et font croire que l’inox est de mauvaise qualité. Garde donc une brosse inox, des disques marqués « inox » (sans fer) et une lime réservés à l’inox. Dégraisse à l’acétone, bride les pièces, et sur la tôle fine, place un support en cuivre ou en aluminium épais derrière le joint : il absorbe la chaleur et limite la déformation.
Couleurs, décapage et finition
Une teinte paille légère autour du cordon est normale. Du bleu foncé, du violet ou du gris montrent que la zone a trop chauffé ou a été mal protégée. Ces oxydes ne sont pas seulement esthétiques : la surface dessous n’est plus protégée et peut rouiller. Pour une pièce exposée à l’eau ou à l’extérieur :
- Décape au gel décapant pour inox, au pinceau, en respectant le temps de pose et en portant gants et lunettes : ces produits sont très corrosifs.
- Ou brosse et polis mécaniquement avec des abrasifs réservés à l’inox.
- Rince abondamment, puis laisse la couche protectrice se reformer à l’air.
Sur un tube soudé à pleine pénétration, l’intérieur s’oxyde aussi : sans protection envers, il ressort gris et granuleux. La purge à l’argon est expliquée dans notre page argon pour la soudure TIG.
Souder de l’inox sur de l’acier
C’est possible, à condition d’utiliser le bon métal d’apport : 309L, en électrode, en fil MIG (309LSi) ou en baguette TIG. Il est prévu pour diluer l’acier sans fragiliser la soudure. Avec du 308L ou un fil acier, le cordon risque de fissurer ou de rouiller. Peins ensuite la partie acier et la soudure si la pièce reste dehors. D’autres couples de métaux sont traités dans quels métaux peut-on souder ensemble.
Défauts fréquents sur l’inox
| Ce que tu vois | Cause probable | Correction |
|---|---|---|
| Cordon et bords bleus ou noirs | Trop de chaleur, avance lente, post-gaz trop court | Avancer plus vite, baisser l’intensité, allonger le post-gaz |
| Rouille quelques semaines après | Particules d’acier, oxydes non retirés | Outils dédiés à l’inox, décapage du cordon |
| Envers gris et granuleux | Pas de protection envers | Purge à l’argon ou pâte de protection envers |
| Pièce voilée | Chaleur concentrée, cordon continu | Pointer serré, souder en tronçons alternés, support dissipateur |
| Petite fissure au milieu du cordon | Mauvais métal d’apport, cordon trop étroit et profond | 308L, 316L ou 309L selon le cas, cordon un peu plus large |
Pour le diagnostic des autres défauts, voir notre guide des défauts de soudure.
FAQ : souder l’inox
Peut-on souder de l’inox avec un poste MIG ?
Oui, avec un fil inox (308LSi ou 316LSi) et un gaz argon contenant 2 à 3 % de CO₂ ou d’oxygène. Le mélange argon-CO₂ habituel de l’acier, plus chargé en CO₂, fait perdre au cordon sa résistance à la corrosion.
Peut-on souder l’inox avec un poste à l’arc ?
Oui, avec des électrodes inox 308L ou 316L, en courant continu électrode au plus, et 10 à 20 % d’intensité en moins qu’en acier. C’est la solution la plus simple sans bouteille.
Pourquoi ma soudure inox rouille ?
Le plus souvent, des particules d’acier déposées par une brosse ou un disque qui a servi sur de l’acier, ou des oxydes de chauffe jamais retirés. Utilise des outils réservés à l’inox et décape les cordons des pièces exposées à l’humidité.
Pourquoi l’inox devient bleu en soudant ?
C’est une oxydation due à la chaleur : plus la teinte est foncée, plus la zone a chauffé ou a été mal protégée. Avance plus vite, baisse un peu l’intensité, allonge le post-gaz en TIG, puis décape ou polis la teinte.
Peut-on souder de l’inox sans gaz ?
Oui, à l’arc avec des électrodes inox. Des fils fourrés inox auto-protégés existent, mais ils sont rares et chers. En MIG ou en TIG, le gaz reste indispensable. Voir notre page sur le poste à souder sans gaz.
Pour aller plus loin : quel poste TIG choisir, souder de la tôle fine sans percer, apprendre à souder.

