Sur établi comme sur chantier, la soudure TIG pardonne peu : un léger courant d’air, une masse mal posée ou un tungstène fatigué, et les problèmes soudure s’enchaînent. Ce qui déroute souvent les débutants, c’est que le défaut visible n’est pas toujours la vraie cause. Une porosité soudure peut venir d’un débit d’argon trop bas… ou d’une pièce mal dégraissée ; un arc instable ressemble à un poste « capricieux », alors que le câble de masse chauffe et pince mal ; un manque de fusion fait croire à un mauvais métal, alors que l’angle de torche étouffe le bain. La bonne approche reste la même : partir du contexte (acier/inox/alu, épaisseur, position, intérieur/extérieur), regarder le symptôme, tester une hypothèse simple, puis corriger dans l’ordre le plus rentable. C’est exactement l’objectif ici : une méthode de résolution pannes soudure et des réglages de départ fiables pour éliminer les défauts soudure TIG sans tourner en rond. Et quand la surchauffe métal menace de percer, mieux vaut ralentir, ventiler et revenir à des bases répétables plutôt que “forcer” au courant.
EN BREF :
- 🔎 Méthode rapide : symptôme → test discriminant → correction (sans changer 10 paramètres à la fois).
- ⚙️ Priorité terrain : masse, propreté, polarité, puis réglage poste à souder, puis consommables et geste.
- 🫧 Défauts fréquents : porosité soudure, arc instable, manque de fusion, surchauffe/perçage.
- 🧰 Outils concrets : un calculateur de réglage de départ + un tableau de repères + tests “oui/non”.
- 🧯 Sécurité : fumées (inox/galva), gaz, incendie et risques électriques — stop immédiat si doute sérieux.
Diagnostiquer les défauts soudure TIG : la méthode qui évite de “bidouiller”
Avant toute correction, le contexte change la décision : acier/inox/alu, épaisseur (mm), position (à plat/angle/vertical), et conditions (extérieur/vent, accès, pièce propre ou oxydée). En atelier, un débutant motivé peut obtenir un cordon solide avec un réglage de départ “qui marche souvent”, puis des ajustements ciblés. Sur chantier, la priorité devient la stabilité : câble de masse court, argon protégé du vent, et pièces vraiment propres.
Un test simple évite 80% des erreurs : faire un cordon d’essai de 30–50 mm sur une chute du même métal/épaisseur, puis écouter l’arc et regarder le bain. Un TIG sain donne un bruit régulier, un bain qui “mouille” les lèvres, et peu de coloration anormale (surtout sur inox). La suite du guide reprend les symptômes les plus courants, avec causes hiérarchisées et corrections dans l’ordre.

Vérifications de base (30 secondes) avant de toucher aux réglages
- 🧲 Masse : pince propre, mordant franc sur métal nu, câble non chauffé.
- 🧼 Préparation : dégraissage + brossage/ponçage, surtout près du joint (voir préparer correctement les pièces avant soudage).
- 🧪 Gaz : bouteille ouverte, débit cohérent, fuite absente, buse non fissurée.
- 🔌 Polarité/process : DCEN acier/inox, AC alu (selon équipement), torche et pinces cohérentes.
- 🔩 Tungstène : pointe propre, bon diamètre, dépassement raisonnable.
Arc instable en soudure TIG : causes probables et corrections rapides
Un arc instable se repère vite : bruit “haché”, bain qui tremble, amorçage difficile, et parfois le tungstène qui se contamine à répétition. Sur un petit chantier, un cas classique est la masse posée sur une zone peinte ou légèrement rouillée : ça tient “un peu”, puis ça décroche dès que la pièce chauffe. La correction doit commencer par ce qui ne coûte rien : contact électrique et protection gazeuse.
| Symptôme 👀 | Top causes (terrain) 🧩 | Test simple ✅ | Correction (dans l’ordre) 🔧 |
|---|---|---|---|
| Arc qui “pompe” 🔊 | 🧲 Masse mauvaise / câble fatigué | La pince chauffe ou marque mal | Nettoyer point de masse, resserrer, raccourcir câble, changer pince |
| Amorçage aléatoire ⚡ | 🔩 Tungstène contaminé / mauvais affûtage | Point noirci, boule irrégulière | Re-affûter, ajuster dépassement, choisir bon diamètre |
| Arc “soufflé” 💨 | 🧪 Débit argon inadapté / courant d’air | Protéger du vent : amélioration immédiate | Augmenter légèrement débit, écran anti-vent, buse adaptée |
| Instable à chaud 🌡️ | 🔌 Connexions qui chauffent / torche fatigée | Connecteurs tièdes puis brûlants | Contrôler serrages, torche, consommables, cycle de travail |
✅ Le bon choix : stabiliser d’abord la masse et l’état du tungstène, puis seulement ajuster le gaz et l’intensité.
Porosité soudure TIG : top causes, test discriminant, solution durable
La porosité soudure se voit en petits cratères, parfois après meulage, et elle fragilise vite une pièce soumise à effort. Le piège : augmenter le débit d’argon au hasard peut empirer si le flux devient turbulent et aspire de l’air. La bonne démarche consiste à confirmer si le problème est gazeux (protection) ou “chimique” (pollution de la zone).
- 🧩 Cause 1 : pièce sale (huile, frein-filet, marqueur, oxydes) → test : brosse/dégraisse, refais 30 mm ; si net, c’était ça.
- 🧩 Cause 2 : débit d’argon trop bas/haut ou fuite → test : savonner les raccords, vérifier la stabilité du débit (voir régler le débit d’argon en TIG).
- 🧩 Cause 3 : buse/diffuseur
- 🧩 Cause 4 : courant d’air (porte d’atelier, ventilateur, extérieur) → test : écran/pare-vent ; si la porosité disparaît, la cause est validée.
- 🧩 Cause 5 : métal/fil d’apport contaminé (inox touché main grasse, alu oxydé) → test : fil neuf, brossage dédié inox/alu.
- 🧩 Autres cas : humidité dans le circuit, gaz inadapté, retour d’air par torche abîmée.
- 🧩 Autres cas : porosité “en profondeur” liée à un bain trop froid (manque d’énergie) selon épaisseur.
Réglage poste à souder TIG : un point de départ fiable + ajustements sans se perdre
Un réglage poste à souder efficace se pense comme un point de départ sûr, puis un réglage à la fois selon le symptôme. Pour l’acier/inox en DC, une base simple est de démarrer autour de 30–40 A par mm en joint bord à bord à plat, puis d’ajuster à l’oreille et au bain. Pour l’alu en AC, la lecture du bain et la propreté deviennent encore plus déterminantes, car l’oxyde d’aluminium fond bien plus haut que le métal.
Sur une pièce réelle, un atelier “propre” n’empêche pas l’erreur classique : trop baisser l’intensité pour éviter de percer, ce qui mène au manque de fusion. Mieux vaut réduire l’apport thermique autrement (avance, séquences, préparation, backing, pauses), puis rehausser le courant au niveau où le bain mouille correctement. La section suivante donne un outil simple pour cadrer un premier réglage, puis décider quoi bouger selon le défaut.
Calculateur de réglage de départ en soudure TIG
Donne une base de réglage (intensité, argon, tungstène) + des actions rapides selon symptômes. Ajuste ensuite sur chute.
Entrées
Contrôles sécurité (recommandé)
Résultats
Intensité de départ (A)
—
—
Débit argon (L/min)
—
—
Diamètre tungstène conseillé
—
—
Actions rapides selon symptômes
Si « ça colle »
Si « ça perce »
Si porosité
Sécurité / arrêt
En cas de doute, stoppez, ventilez et faites contrôler le matériel (et/ou consultez un(e) pro).
Note : ce calculateur donne des réglages de départ. Les valeurs finales dépendent du chanfrein, du procédé (DC/AC), de la torche, de la buse, du métal d’apport et de la préparation des surfaces.
Manque de fusion en TIG : reconnaître le bain et corriger sans fragiliser
Le manque de fusion arrive quand le métal d’apport “colle” sans que les bords du joint soient vraiment fondus. Visuellement, le cordon semble posé, avec des lèvres peu mouillées ; au bruit, l’arc paraît “mou” et le bain reste petit. Sur une équerre de 3 mm, c’est typiquement ce qui casse en torsion malgré un cordon qui “fait propre”.
⚠️ À éviter : compenser un manque de fusion en ajoutant plus de métal d’apport ; cela masque le défaut et laisse une liaison fragile.
Surchauffe métal et perçage : gérer l’apport thermique sur tôle fine
La surchauffe métal se reconnaît au bain qui s’élargit trop vite, aux bords qui s’affaissent, et au risque de trou au moindre arrêt. Sur tôle fine, l’erreur classique est de rester trop longtemps au même endroit “pour remplir”, ce qui finit en perçage et en réparation interminable. Une stratégie simple consiste à avancer plus vite, souder par petits tronçons et laisser retomber la température.
À faire maintenant
- 🔥 Diminuer l’intensité par petites marches (−5 à −10 A) et accélérer l’avance au lieu de “stationner”.
- ⏱️ Travailler en séquences de 10–20 mm avec pauses, surtout près d’un bord ou d’un angle.
- 🧊 Utiliser un support dissipateur (cuivre/alu épais derrière) si possible, sans le coincer sur une zone sale.
- 🧾 Si la tôle est très fine : appliquer une méthode dédiée (repères utiles sur éviter les trous en soudant de la tôle fine).
Choisir tungstène, buse et gaz : consommables qui changent vraiment la donne
En techniques soudure TIG, les consommables ne servent pas à “faire joli” : ils stabilisent l’arc et protègent le bain. Un tungstène trop fin sur une intensité élevée surchauffe et se contamine, ce qui relance les défauts en cascade. Une buse abîmée ou mal dimensionnée donne une protection irrégulière, surtout quand la torche est inclinée dans un angle serré.
- 🔩 Tungstène : choisir le bon diamètre et une pointe propre (repères pratiques sur le diamètre de tungstène en TIG).
- 🧪 Gaz : argon adapté, débit cohérent, et tuyaux sans fuite (rappels sur l’argon en soudure TIG).
- 🧱 Buse : une céramique en bon état et adaptée au joint évite les zones grises de protection (voir choisir une buse céramique TIG).
Résolution pannes soudure TIG : quand le poste, la torche ou la sécurité imposent d’arrêter
Une vraie résolution pannes soudure inclut le moment où il faut immobiliser plutôt que “finir coûte que coûte”. Si les câbles ou connecteurs chauffent anormalement, si le poste se met en sécurité thermique en quelques minutes, ou si la torche perd son gaz de façon intermittente, le risque n’est plus seulement la qualité du cordon. Dans un atelier, un câble de masse qui chauffe a déjà fait perdre des heures : l’arc devient instable, puis la porosité apparaît, et on accuse le gaz à tort.
💡 À retenir : si un défaut change brutalement sans modification du geste, suspecter d’abord masse/connexions/gaz avant de toucher au courant.
Pour compléter les réglages selon métal (notamment l’aluminium), des repères spécifiques aident à éviter les essais sans fin : souder l’aluminium en TIG et réglage TIG aluminium cadrent les décisions qui varient vraiment (AC, nettoyage, équilibre, apport). Pour les questions qui reviennent souvent en atelier (EPI, positions, choix du procédé), une synthèse utile se trouve aussi sur les questions fréquentes en soudure.
Une démonstration vidéo aide à mettre des mots sur les signaux : bruit d’arc, longueur d’arc, et influence de la masse. L’objectif n’est pas de copier un “beau geste”, mais de reconnaître ce qui doit être stable et ce qui peut varier selon la position.
Quel réglage de départ utiliser en TIG pour éviter les défauts soudure TIG ?
Commencer par le contexte (métal, épaisseur, position, vent), puis régler une intensité de départ cohérente (souvent autour de 30–40 A/mm en acier/inox à plat) et un débit argon stable. Ensuite n’ajuster qu’un paramètre à la fois selon le symptôme : si ça colle, augmenter légèrement l’intensité ou réduire la longueur d’arc ; si ça perce, accélérer et séquencer plutôt que noyer en métal d’apport.
Comment différencier porosité soudure et contamination du tungstène ?
La porosité apparaît comme des trous/bulles dans le cordon, souvent liée à protection gazeuse ou propreté. La contamination du tungstène se voit sur la pointe (noircissement, boule irrégulière) et s’accompagne d’un arc instable ; un re-affûtage + contrôle gaz/masse permet de trancher rapidement avec un cordon d’essai court.
Pourquoi un arc instable arrive surtout en extérieur même avec de l’argon ?
Le vent perturbe la protection et fait entrer de l’air dans le bain, ce qui déstabilise l’arc et favorise la porosité. Un pare-vent, une buse adaptée, un dépassement de tungstène réduit et un débit ajusté (sans excès) donnent généralement un résultat immédiat si la cause est bien là.
Que faire si le cordon est joli mais qu’il y a manque de fusion ?
Revenir à l’essentiel : augmenter l’énergie au joint (intensité légèrement plus haute ou vitesse plus lente) jusqu’à voir le bain mouiller les lèvres, puis doser l’apport. Éviter de simplement ajouter plus de métal d’apport, car cela cache le défaut ; un essai en coupe ou un meulage de contrôle confirme la fusion.
Quand faut-il arrêter la soudure TIG pour des raisons de sécurité ?
Arrêt immédiat si fumées suspectes (galva, inox sans ventilation), si câbles/connexions chauffent anormalement, si fuite de gaz, ou si le poste se met en défaut thermique de façon répétée. Dans ces cas, corriger l’installation (EPI, ventilation, câblage, torche) avant de reprendre : la qualité du cordon ne compense jamais le risque.

