En bref
- 🧲 L’électrode 7018 est une enrobée basique « faible hydrogène » : choix sûr pour le soudage acier structurel quand la ténacité compte.
- ⚡ Les principales différences électrodes se jouent sur le revêtement des électrodes, la polarité soudage, la tenue à l’humidité et le rendu du bain.
- 🛠️ En pratique : 7018 = arc doux, cordon propre, laitier qui se décolle bien (si réglages et stockage sont corrects).
- 🌧️ Sur chantier : la 6013 tolère mieux les petites impuretés, mais la 7018 vise de meilleures propriétés mécaniques sur pièces sollicitées.
- 📏 Les réglages (A) dépendent surtout du diamètre et de la position : un point de départ fiable évite collage, porosité, manque de fusion.
Sur un même poste MMA (électrode enrobée), deux baguettes peuvent donner l’impression de faire « la même soudure »… jusqu’au moment où la pièce travaille, vibre, prend un choc, ou subit un froid humide sur chantier. C’est là que l’électrode 7018 se distingue : son flux d’électrode basique est pensé pour limiter l’hydrogène diffusible et viser des propriétés mécaniques plus solides, à condition de respecter le stockage et la polarité. À l’inverse, des références comme 6013 ou 6011/6010 peuvent être plus tolérantes, plus « faciles à amorcer », ou plus adaptées à des tôles fines et des réparations rapides, mais avec une logique différente côté pénétration, laitier, et sensibilité à la préparation. Pour ne pas choisir au hasard, le bon réflexe consiste à partir du contexte réel : métal (acier doux, acier HS, galva), épaisseur (mm), position (à plat, verticale, plafond), usage (atelier/chantier) et propreté. Ensuite seulement viennent les réglages et les techniques soudage qui font « tenir » un cordon au-delà de l’aspect.
Comprendre les différences : 7018 vs 6013 vs 6011 (arc, laitier, usage)
Les différences électrodes se lisent d’abord au comportement de l’arc et du bain : la 7018 donne souvent un arc stable, un bain « crémeux » et un cordon régulier, là où la 6013 est plus vive et pardonne davantage sur de petites soudures d’entretien. La 6011/6010 (selon disponibilité) se démarque par une pénétration plus agressive, utile en racine ou sur acier moins propre, mais avec plus de projections et un bain plus nerveux. La phrase utile à garder en tête : 7018 = tenue mécanique et répétabilité, 6013 = confort et polyvalence, 6011/6010 = pénétration et dépannage. Le thème suivant devient logique : tout ça dépend surtout du revêtement des électrodes et de ce qu’il « fabrique » autour de l’arc.

Revêtement des électrodes et flux d’électrode : ce que ça change vraiment
Le revêtement des électrodes (l’enrobage) sert à protéger le bain de fusion, stabiliser l’arc et former un laitier : c’est lui qui dicte une grande part des sensations et du résultat. Sur la 7018, le flux d’électrode basique vise une soudure tenace et peu sensible à la fissuration à froid, mais il n’aime pas l’humidité : une baguette « pompée » donne vite un crépitement instable et de la porosité. À l’atelier, un cas classique est une 7018 laissée ouverte une nuit humide : amorçage ok, mais petites bulles dans le cordon et laitier qui colle—signal clair qu’il faut revenir au stockage/consommable avant d’accuser le poste. Pour cadrer rapidement les bases, une définition simple aide : une électrode enrobée est une baguette dont l’enrobage génère des gaz et du laitier pour protéger et « nettoyer » le bain pendant le soudage.
✅ Le bon choix : Prendre une électrode 7018 pour des assemblages acier sollicités (support, châssis, renfort) quand la tenue et la régularité priment sur la vitesse.
Polarité soudage : la 7018 ne se branche pas “au hasard”
La polarité soudage influence la pénétration, la stabilité et la facilité d’amorçage : en MMA, elle change vraiment le comportement. La 7018 travaille le plus souvent en DC+ (électrode au +), ce qui favorise un arc stable et une bonne fusion ; sur certains postes, elle peut aussi se souder en AC, mais le rendu dépend fortement de la puissance et de la qualité de l’ondulation. Quand la polarité est inversée par erreur, le signal terrain est net : arc « mou », collage fréquent, cordon bombé et manque de fusion sur les bords. La suite logique consiste à caler un réglage de départ en ampères, parce que même avec la bonne polarité, une intensité trop basse ruine la fusion.
Réglages de départ (A) et diamètre : un point de départ qui marche souvent
En MMA, l’intensité se choisit d’abord selon le diamètre et la position, puis se corrige au bruit et à la tenue du bain. Un réglage trop faible donne un arc qui « colle », un cordon haut et un laitier qui s’incruste ; trop fort perce les bords, élargit le bain et augmente les projections. Pour éviter de deviner, les repères de diamètre/épaisseur font gagner du temps : choisir le bon diamètre d’électrode selon l’épaisseur évite de vouloir faire du 3,2 mm sur une tôle trop fine ou du 2,0 mm sur une pièce trop massive. La transition naturelle ensuite : si le réglage est proche, ce sont les symptômes (porosité, collage, manque de fusion) qui dictent l’ordre des corrections.
| 🧪 Situation courante | 🔧 Réglage de départ conseillé | 👀 Signal terrain à surveiller | ✅ Correction rapide |
|---|---|---|---|
| 🧱 Acier 3–6 mm, à plat, 7018 Ø2,5 | ⚡ 80–100 A (DC+) | 👂 Arc stable, bruit régulier, bain contrôlable | ➕ +5 à +10 A si collage / ➖ -5 à -10 A si bain trop liquide |
| 🏗️ Acier 6–10 mm, à plat, 7018 Ø3,2 | ⚡ 110–140 A (DC+) | 👀 Bords bien « mouillés », laitier se soulève après refroidissement | 🎯 Ralentir si manque de fusion / Accélérer si surchauffe |
| 🧗 Verticale montante, 7018 Ø2,5 | ⚡ 75–95 A (DC+) | 👀 Bain qui tient, pas de coulure | 🧩 Réduire légèrement l’intensité + raccourcir l’arc |
| 🛠️ Petites réparations, 6013 Ø2,5 | ⚡ 70–95 A (AC/DC selon poste) | 👂 Amorçage facile, projections modérées | 🧹 Nettoyer la zone si porosité, sinon ajuster ±10 A |
Outil rapide : choisir électrode et réglage selon acier, épaisseur et position
Le choix devient simple quand le contexte est posé : type d’acier, épaisseur en mm, position, et exigence mécanique. Un poste inverter moderne rend la 7018 très agréable, mais il faut rester pragmatique : dehors avec du vent, ou sur acier douteux, une option plus tolérante peut faire gagner du temps tant que l’usage le permet. Pour aller droit au but côté intensité et réglages, ce guide sur les réglages de soudure à l’arc sur acier complète bien les points de départ. L’outil ci-dessous sert à cadrer une décision « terrain » avant le premier cordon.
Simulateur de choix MMA (7018 vs 6013 vs 6011)
Renseignez le métal, l’épaisseur, la position et l’environnement : l’outil propose une électrode, un diamètre, une polarité et une intensité de départ (indicatives).
Entrées
Remarque : ce simulateur donne une recommandation pratique (choix d’électrode et paramètres de départ). Ajustez selon le fabricant, la préparation des bords, le jeu, le type d’onduleur et votre vitesse d’avance.
Résultat
Pourquoi ce choix ? (aide rapide)
Résultat attendu : une électrode + un diamètre + une polarité + une intensité de départ cohérents avec la pièce, pour réussir le premier cordon sans tâtonner.
- ✅ Régler l’intensité au minimum stable qui évite le collage, puis augmenter par pas de 5–10 A si les bords ne fondent pas.
- 🎯 Garder un arc court avec 7018 : si ça crépite et projette, l’arc est souvent trop long ou la baguette a pris l’humidité.
- 🧲 Vérifier masse et serrage : une pince sur peinture ou rouille donne un arc irrégulier et une fusion aléatoire.
- ⛔ Immobiliser la pièce et faire contrôler si fissures, pièces de sécurité (attelage, lève-charge) ou soudage sur galva sans protection fumées.
Propriétés mécaniques et résistance à la corrosion : ce que promet (vraiment) la 7018
La 7018 est recherchée pour ses propriétés mécaniques : résistance, ductilité et bonne tenue aux contraintes, surtout quand la préparation et le séchage des baguettes sont au niveau. Sur des supports, longerons, platines épaisses ou assemblages soumis aux vibrations, cette marge de sécurité se sent à l’usage, même si le cordon n’est pas « parfait » esthétiquement. En revanche, la résistance à la corrosion ne vient pas magiquement de l’électrode sur acier carbone : la protection dépend surtout du traitement de surface (peinture, apprêt, galvanisation, inox), et d’une soudure sans porosités ni inclusions. La prochaine étape est donc logique : vérifier les causes de défauts visibles, parce qu’un cordon poreux rouille et fatigue plus vite, quelle que soit la référence.
⚠️ À éviter : Souder à la 7018 avec des baguettes humides ou une masse incertaine : porosité et manque de fusion deviennent probables, même avec un bon geste.
Diagnostic terrain des défauts avec 7018 : symptômes, causes, test, correction
Quand un cordon rate, le plus rapide est de partir de ce qui se voit et s’entend : collage, projections, porosité, laitier qui colle, bords non fusionnés. Le test discriminant le plus simple reste souvent de changer une seule variable à la fois : d’abord la masse et la propreté, puis +10 A ou -10 A, puis une électrode neuve et sèche. Un cas d’atelier parlant : sur une platine de 8 mm, bain « joli » mais ligne sombre au pied du cordon ; après meulage léger, on voit un manque de fusion sur un bord—corrigé immédiatement en augmentant l’intensité de 10 A et en ralentissant d’un demi-temps sur le côté froid. La suite : isoler les 3–5 causes principales, sans partir sur des explications exotiques.
- 🔌 Masse / contact : pince sur rouille/peinture, câble fatigué → test : déplacer la masse sur métal nu ; correction : gratter + serrer fort.
- ⚡ Réglage d’intensité : trop bas = collage/manque de fusion, trop haut = perçage/sur-largeur → test : ±10 A ; correction : ajuster et garder l’arc court.
- 🧪 Consommable : 7018 humide, enrobage abîmé → test : prendre une baguette neuve/stockée sec ; correction : stocker en boîte étanche, éviter les chocs.
- 🧭 Geste : angle trop couché, vitesse irrégulière → test : ralentir et viser le pied du cordon ; correction : angle ~10–20° en poussant très peu, arc court.
- 🧱 Préparation : chanfrein absent sur forte épaisseur → test : faire un chanfrein et une passe de racine ; correction : préparer, pointer, puis multipasses.
Autres cas : poste sous-dimensionné (cycle de travail), rallonge trop longue, ou soudage sur acier galvanisé/sale qui pollue le bain. Dans ces situations, mieux vaut réduire l’ambition, améliorer la préparation, ou changer de procédé.
Applications soudage : quand choisir 7018 et quand préférer un autre type
Les applications soudage dictent le choix plus que l’habitude : structure et pièces sollicitées appellent souvent la 7018, tandis que l’entretien léger et la tôle fine se font plus sereinement en 6013. Sur chantier, la décision se joue aussi sur l’humidité et la logistique : garder une 7018 sèche est une contrainte réelle, alors qu’une électrode plus tolérante peut sécuriser un dépannage non critique. Pour les métaux et compatibilités (acier, inox, fontes et cas mixtes), une ressource utile est compatibilités des métaux à souder, car le mauvais couple métal/électrode crée des surprises coûteuses. La section suivante se concentre sur les techniques soudage concrètes qui rendent la 7018 facile, même pour un débutant motivé.
Techniques soudage avec 7018 : arc court, rythme, et contrôle du bain
Avec une 7018, la règle qui sauve le plus de cordons est l’arc court : la baguette travaille près du bain, ce qui stabilise le son et limite les projections. Le repère sensoriel est simple : un bruit régulier, un bain qui avance sans « trous », et un laitier qui se forme en couvrant bien le cordon ; si ça siffle et projette, l’arc est souvent trop long ou la vitesse trop rapide. Pour la verticale montante, l’objectif n’est pas d’aller vite : il faut tenir un petit bain, marquer une légère pause sur les bords, puis remonter ; pour s’entraîner, ce guide sur réussir une soudure verticale donne une méthode progressive. La prochaine étape est de verrouiller une règle de décision simple, pour ne pas hésiter entre « ça passe » et « il faut changer d’électrode ».
💡 À retenir : Une électrode 7018 réussit quand la masse est franche, l’arc est court, et la baguette est sèche—le reste se règle par petits pas.
La 7018 est-elle adaptée aux débutants en MMA ?
Oui, si le poste tient le DC+ et si l’arc reste court : l’arc est souvent plus stable qu’avec une électrode très nerveuse. Le point qui piège le plus est le stockage (humidité) et une intensité trop basse qui colle.
Quelle polarité soudage utiliser avec une électrode 7018 ?
Le plus courant est DC+ (électrode au +, masse au -) pour obtenir une bonne stabilité et une fusion fiable. En AC c’est possible selon le poste, mais le résultat dépend beaucoup de la puissance et de la qualité du courant.
La 7018 apporte-t-elle une vraie résistance à la corrosion ?
Sur acier carbone, la résistance à la corrosion dépend surtout du traitement (peinture, apprêt, galvanisation) et de l’absence de porosité/inclusions. Une 7018 peut aider à faire une soudure saine, mais elle ne remplace pas une protection de surface.
Que faire si la 7018 colle au démarrage ?
Commencer par vérifier la masse sur métal nu, puis augmenter l’intensité de 5 à 10 A. Si le problème persiste, tester une baguette neuve et sèche et réduire légèrement la longueur d’arc (coller la baguette au bain, sans la planter).

